Les œuvres sélectionnées

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1er prix : Collège Pierre Brossolette, Noyelles-sous-Lens – 5ème groupe Bleu de Mme Gouillard

Le retour du matelot, Anonyme

Poème en vers libres à plusieurs voix :

Voix 1 : Le Plat

Voix 2 : Le narrateur

Voix 3 : La dame

Voix 4 : Le matelot

Voix 5 : Le soleil

Voix 1 : Le plat

Sous un soleil immobile, je repose.
Blanc comme une promesse, léger comme un souvenir.
J’ai connu les mains des soldats,
les rires pour oublier la peur,
les chuchotements à la nuit tombée.
Des fruits sucrés, des mets venus d’ailleurs,
et le silence lourd dès le lendemain de bataille.
J’ai connu les pommes de terre, la viande et la sauce.

J’entendais le roi demander :
« Dans combien de jours arrivent les invités ? »
Jean-François me lavait avec soin.
Puis il me rangeait dans une armoire, derrière une vitre claire.
On me croyait simple vaisselle.
Mais je garde en moi des voix.
Je raconte.

Regardez en mon centre :
le bleu respire au bord du blanc,
comme une vague immobile arrêtée par le temps.
Entrez dans mon assiette.
Voici leur histoire.

Voix 2 : Le narrateur

Un beau jour, un jeune matelot serra sa femme dans ses bras.
Il devait partir à la guerre.
Sur le chemin poussiéreux qui s’étire vers l’inconnu,
il murmura un dernier « au revoir »,
les yeux humides tournés vers l’horizon,
il portait une épée au côté
et à son cou, suspendue à un ruban de soie,
une montre.

Voix 3 et 4 : La dame et le matelot

La dame : Mon aimé, promets-moi que tu reviendras ?
Le matelot : Tant que le soleil brillera.
La dame : Au printemps?
Le matelot : Au printemps, je serai là sans faute.
La dame : Je ne veux pas te perdre…
le matelot : Ni moi te quitter.
La dame : Je t’attendrai toute ma vie.

Voix 2 : Le narrateur :

La veille du 14 février, elle préparait un nouveau poème.
Ce soir-là, encore,
elle s’assit, seule, sur sa chaise,
le sourire timide, le cœur plein d’espoir.
Elle prit sa plume.
Quelques larmes silencieuses glissèrent sur sa joue.

Voix 3 La dame :
« Le 13 février 1771,
voilà deux ans que je t’attends.
Tu me manques tellement…
Chaque jour, chaque nuit, chaque heure,
je pense à toi... »

Voix 4 : le matelot

Le cœur serré, je quittai mon pays.
Des vents en furie,
le bruit des baïonnettes,
les calèches, la poussière,
et l’enfance encore accrochée à mes doigts.
Quand il fait noir dehors,
tu es mon étoile qui brille dans la nuit,
tu es mon univers.
Dans mon journal de bord,
j’écrivais ton nom
comme un phare dans le brouillard.

Voix 5 : le soleil

Sous le grand vermeil de la lumière,
le ciel se teinte d’un ocre étincelant,
balayant les ombres de la nuit.
Je les regarde.

Je vous ai donné le temps.
À vous d’en faire une promesse.

Voix 2 : le narrateur

Un an. Deux ans.
Elle pensa qu’il était mort.
Mais la distance n’avait pas éteint leur amour.
Après un long voyage,
le matelot revint enfin.
C’était un jour ensoleillé.

Voix 3 et 4 : la dame et le matelot

Voix 3 : LA DAME

« Enfin…
Tu es là…
Tu es revenu…
J’avais tant de choses à te dire
Mais les mots s’effacent,
Mes larmes parlent à ma place. »

Voix 4 : Le matelot

« Oui, je suis là.
Je te retrouve enfin.
Chaque jour portait ton souvenir.
Chaque nuit murmurait ton nom.
Jamais je ne t’ai oubliée. »

Voix 2 : le narrateur

Il sort une petite boîte de sa poche.
Dans son dos,
Il avait un joli cadeau.
Une bague ?
Un bijou ?
Puis il l’ouvrit.

Voix 3 et 4 : la dame et le matelot

Voix 4 :le matelot

« Quel beau fil de soie orné d’un ruban…
Te souviens-tu ?
Cette montre…
C’est toi qui me l’avais offerte avant mon départ.
Elle a battu contre mon cœur
pendant toutes ces années.
Chaque seconde disait ton nom.
Je te la rends aujourd’hui.
Le temps de la guerre est terminé. »

Voix 3 : la dame

« Tu l’as gardée …
Je suis là maintenant.
Ne pars plus jamais… »

Voix 5 : le soleil

Je les enveloppe d’or.
Je fais tomber la lumière sur leurs épaules réunies.
Le temps peut reprendre.

Voix 2 : le narrateur

Main dans la main,
ils rentrèrent chez eux.
Rien n’avait changé.
Sauf une chose.

Voix 1 : le plat

Moi.
Suspendu au mur,
je témoigne.
Je garde leurs regards croisés,
leurs larmes,
le ruban bleu,
la montre rendue,
et la paix fragile des cœurs réunis.
On me croyait immobile.
Mais sur moi,
le soleil brille encore.
Et chaque fois qu’on me regarde,
leur histoire recommence.

2ème prix : Collège Saint-Exupéry, Hellemmes – 4ème 4 de Mme Okat-Zielinski

Dans les branches d’un grand pin, Paul Leroy

Été 1910, dernier été à deux
Été 1910, dernier été joyeux
Et après cet été, ma soeur a disparu
Et à seulement 5 ans, je ne l’ai plus jamais vue
En cette fin d’après-midi, dans une lueur dorée
Nous nous reposions un peu, après avoir joué
L’éclat de ce souvenir, honorant notre mémoire,
Ce souvenir de ton rire, contenant notre histoire

Été 1910, tu me tiens, me soutiens
Été 1910 mais depuis, plus rien
Le soleil crépusculaire
nous baignait de lumière
Nous nous étions installés en haut de cette branche,
Nous regardions d’en haut, les petites chèvres blanches
Notre regard teinté d’une belle innocence
Notre regard empli de beaux souvenirs d’enfance

Été 1910, cruelle nostalgie
Été 1910,le meilleur de ma vie
Vieil arbre vigoureux, méandreux, impétueux
Refuge de nos jeux d’enfants heureux
Vieil arbre, sève de notre jeunesse
Qui aujourd’hui m’emplit de tristesse
Feuilles légères, volatiles, tranquilles
Dans cette sombre lumière, je me consume
En regardant ce qu’autrefois nous fûmes
Été 1910, dernier été à deux
Été 1910, dernier été joyeux

Les lauréats en lycée

1er prix : Lycée Jean-Baptiste Corot, Douai – groupe « Bulle de culture » de Mme Jedrezac

Dans les branches d’un grand pin, Paul Leroy

Silence. Blonde coulée de miel sur les vertes aiguilles,
Et, dans mon cœur de père,
Tout cet or que je cueille,
C'est votre amour qui scintille
Au soleil d'un sillage limpide.
Dans cet or tamisé qui rend l'instant précieux
Vous êtes les oiseaux que jamais je n'ai pu être,
Tout en bas, dans l'ombre du Grand Pin, je veille sur vos pas
Agrippé aux barreaux de l'antique échelle
Qui tant de fois, vous a emportés vers le ciel,
Toi, l'aînée protectrice au regard déjà sage,
Au corsage d'un noir de corbeau
Et toi, petit homme au chapeau d'un autre âge,
Au maillot d'un rose chaud,
Vous êtes ce rivage d'une saison chaleureuse
Vous êtes deux visages à la radiance heureuse
Vous êtes dans l'antre d'un pin millénaire aux branches emmêlées
Laissant filer la lumière d'été
Vous êtes côte à côte, éphémères ou centenaires
Assis sur la cathèdre du Grand Pin, né en terre magicienne,
Porteuse d'êtres étranges,
Ô toi, arbre mystérieux au feuillage fertile et foisonnant,
Passeur d'une mémoire de tous les temps
Protège à jamais ces deux enfants-anges.

2ème prix ex aequo : Lycée privé de Marcq, Marcq-en-Barœul – 2nde 7 de Mme Monjean

Satan mélancolique, Jean Jacques Feuchère

Chute libre

Je ne suis pas le mal,
Je suis votre miroir fatal.

Ange, j'avais l'audace des étoiles
Vous l'avez nommé orgueil, moi j'appelais cela flamme
Qu'on tente d'éteindre quand le cœur s'enflamme,
Quand une âme ose dire « je » sans demander l'ordre.

Je n'ai pas chuté, j'ai choisi de briller
De ma propre lumière, sans jamais me plier.
Vous obéissez au Soleil, moi j'ai voulu brûler,
Non pas pour détruire, juste pour exister.

Qui est le monstre?
Celui qui doute, ou celui qui se prosterne ?
Celui qui cherche en lui, ou celui qui s’enferme ?

Vous me peignez en ombre pour mieux fuire l’étincelle
Qui tremble en vous aussi, vive et rebelle.

Je suis l’ange déchu, oui, mais je suis resté vrai.
Qui est vraiment tombé ?
Celui qui brûle en liberté,
Ou celui qui s’éteint, enchaîné ?

2ème prix ex aequo : Lycée du Val de Lys, Estaires – 2nde 6 de Mme Merchez

Le retour du matelot, Anonyme

Me revoici, Me revoilà

Me revoici, Me revoilà

De retour d’un long et effroyable voyage
Je pus enfin voir l’étendue du rivage Et la beauté de votre visage

Quand je posai un pied ferme sur la Terre, là-bas
Je vis votre petit et joli minois
Un sourire m’apparut malgré moi
Mon envie fut de vous serrer contre moi

Me revoici, Me revoilà
Je m’approchai de vous
Tenue distinguée, mes bottes tachées par la boue
Je vous tendis un objet scintillant, un bijou

“Ce présent” commençai-je
“Est le symbole de mes péripéties,
De la dangerosité de mes tumultueuses nuits,
Et de l’amour dont mon cœur est rempli”

Me revoici, Me revoilà
Je vous vis tendre votre main
Vous le regardiez avec entrain
Je vous le donnai et vous fis un baisemain

“Ne doutez jamais de mon amour,
Car retenez bien que ce voyage est la preuve de ma bravoure
Ce bijou est l’un des plus rares à ce jour
Et vous, Amour, le mériterez toujours”

Je vous fis un doux sourire
“Dans quelques jours je devrai repartir
Mais n’ayez crainte, ce bijou vous laisse le souvenir
Et la promesse de vous revenir”

Mais à présent, profitons de ce moment de douceur,
De tendresse, de baisers, de bonheur
Car... Me revoici, Me revoilà

Prix coup de cœur du jury :

Lycée de L’Yser, Wormhout – CAP AEPE de M. Bouchard

Le retour du matelot, Anonyme

Le retour du matelot

Imaginez vous femme, femme d’un marin.

Une incertitude vous poursuit, vous hante jour après jour, nuit après nuit. Cet homme que vous connaissez depuis tant d’années, celui que vous chérissez.

Que ce soit votre père, votre frère, votre partenaire.

Il est là-bas loin de la Terre, parti dans les antres de la mer au bleu amer

Est-ce que la mer est calme ou déchaînée ?

Mon cher aimé est en sécurité ou blessé ?

Mais pourquoi est-il parti si loin de notre paradis ?

Tout simplement pour subvenir aux besoins de sa famille, pour ramener de l’argent et de la nourriture.

Mais à quel prix ?
Au prix d’une vie, d’une compagnie, d’une assiette ronde bien remplie et même d’un pays

Un jour en espérant revoir Albert, je marche sur le port,

je tourne la tête dans l’horizon de nuages blancs.

Mon cher marin accompagné de son cher compagnon, son bateau bleu qui se fond dans l ‘océan.

Je n’y crois pas, je le reconnais à peine mais il est là.

Moi qui le pensais sombré au fin fond des marées, il est bien là devant moi en chair et en os.

Il a ramené un souvenir de son périple, son odeur est encore salée de ses aventures.

Dans cet instant suspendu, ce n’est pas seulement un retour, c’est la fin de son aventure, la victoire discrète de l ‘amour sur l’océan.

Cette aventure s’efface et la paix se met en place.

Maëlys Morelle – Manon Lecaille
Deuxième année CAP AEPE (accompagnement éducatif petite enfance)

Prix de la créativité :

Lycée Pierre de Coubertin, Calais – 2nde Turquoise de Mme Mouquet

Attaque d’un fort, Anonyme anglais

En faisant le tour de cette tour d’ivoire,
si petite et si grande à la fois,
abritant toutes sortes de petits soldats
essayant de défendre ou d’attaquer
ces remparts,

On aperçoit, en haut de ces hauts murs,
les archers défendant avec courage
leur bel édifice du Moyen-Age
qui résiste au poids des armures.

Cette dame, cachée dans une fenêtre,
observant cette rude bataille,
elle espère sûrement, de tout son coeur,
que ses enfants sortent vivants de cette pagaille.

Ce combat ne se terminera malheureusement jamais,
car, ce que ces valeureux soldats ne savent pas,
c’est qu’il sont pour toujours figés sur cet échiquier.

Prix de l’engagement artistique et poétique pour l’ensemble du collège Saint-Exupéry d’Hellemmes.